Sur le terrain, tout a changé mais rien n’a avancé ou si peu… Les solutions organisationnelles telles les MSP ou les CPTS n’ont pas encore démontré leur capacité à répondre aux déserts médicaux.

Les nouvelles technologies – téléconsultation, télé expertise, Dossier Médical Partagé – facilitant le parcours de soin sont sorties du cadre des expérimentations pour être lancées et déployées à l’échelle nationale mais sont encore faiblement employées. En cause, les délais d’acculturation et d’appropriation mais également des aspects plus technologiques tel que l’interopérabilité et la compatibilité des dossiers patients hospitaliers informatisés avec le DMP.

De plus, ces réponses sont pourtant encore trop éloignées des problématiques de certains territoires reculés. Car quand certaines zones seront prochainement équipées de la 5G, d’autres peine encore à recevoir une connexion en 3G, renforçant ainsi les inégalités sociales et technologiques. Et pourquoi bâtir une MSP alors qu’il est déjà difficile de faire venir un seul professionnel de santé.

Au-delà de ce diagnostic, il nous semblait évident qu’il était encore nécessaire de réfléchir et d’avancer sur ces questions. De ce fait, une nouvelle édition de l’université des déserts numériques se tiendra les 20 & 21 septembre prochain.

À travers ces deux journées, la première orientée technologies et territoires, la seconde dédiée à une approche médicale, usager, patient, nous espérons apporter une nouvelle pierre aux réflexions publiques mais également mettre en avant des solutions adaptées aux besoins du terrain.

Des startups aux opérateurs de réseaux, des élus aux médecins, des représentants des patients aux pouvoirs publics, cette nouvelle édition se veut toute à la fois un espace de réflexion et de co-construction.

Plus que de solutions où d’idées, les déserts médicaux et numériques d’aujourd’hui manquent d’abord et avant tout d’une vision transversale. Leur fertilisation est intimement liée à leur irrigation, au budget de la nation pour être pragmatique, mais également à notre propre capacité à échanger en dehors de tout corporatisme et dogmatisme.